Le développement rural

Depuis 2002, l’association s’est engagée dans des projets de développement de la culture vivrière et dans la mise en place de jardins familiaux, éducatifs et scolaires. Elle a travaillé également dans la lutte contre la déforestation et l’incitation au reboisement.

  • 2002
    • l’idée des jardins familiaux est lancée à l’assemblée générale de Ploërmel.
    • 2 jardins voient le jour en septembre
  •  2003
    • Patrick et Lydie, responsables de ce projet, se rendent sur place pour évaluer la situation. Les 2 jardins en cours laissent présager des possibilités malgré le manque de graines, d’outils mais surtout d’eau. Patrick et Lydie réalisent un bassin expérimental de 6m³ avec une bâche qui est alimenté par une toiture. Ils donnent quelques conseils de culture aux personnes intéressées par le projet. Un responsable haïtien, Canova, suivra cette activité sur place.
  • 2004
    • jardin éducatif

      4 jardins donnent de bons résultats. Nous finançons quelques outils, une brouette et des bidons de 200 litres pour récupérer l’eau de pluie.

    • en avril, première opération « Les Graines de l’Espoir » à la jardinerie Legruel (à Tollevast dans le Nord Cotentin). Cette collecte aura lieu tous les ans avec toujours autant de succès. Tony Bouchette, responsable des actions en Haïti, loue un terrain de 1200m² pour 6 ans afin d’y créer un jardin éducatif ouvert à tous.
  • 2005
    • le jardin éducatif est 6 jardins familiaux donnent de bons résultats et permettent des récoltes au gré des pluies.
  • 2006
    • 30 jardins sont cultivés en plus du jardin éducatif.
    • un jardin scolaire a également vu le jour à l’école de Paulette Payen.
    • malheureusement la bâche du bassin expérimental de 6m³ est détruite par les rats. Le bassin est inutilisable.
  • 2007
    • Patrick et Lydie se rendent une deuxième fois en Haïti. Dès leur arrivée ils constatent qu’une dynamique a été enclenchée et que beaucoup plus de parcelles (que 4 ans auparavant) sont cultivées. On y produit de l’igname, du pois congo, de la patate douce et du manioc. L’absence d’eau est toujours le souci principal pour les jardins. Patrick et Lydie constatent que les graines envoyées de France sont bien utilisées, notamment les graines de choux.
    • lors de ce voyage, Patrick et Lydie interviennent dans toutes les classes (de la sixième à la première) afin de sensibiliser les élèves au problème de la déforestation

      cuisson économe

      et à l’urgence du reboisement. Lors de ces interventions les réchauds et foyers à bois économes sont présentés aux élèves, foyers qui serviront à préserver l’environnement. Ils sont accompagnés par un professeur de cette école, ingénieur agronome, qui par la suite, avec ses élèves, mettra en place une pépinière d’arbres fruitiers et forestiers. De là naîtra le projet « reboisement ». En septembre, 200 caféiers et 200 grands arbres sortent déjà de cette pépinière.

    • de l’outillage (râteaux, arrosoirs, pioches, tuyaux d’arrosage, plantoirs, sécateurs, greffoirs et transplantoirs) sont envoyés de France ainsi que plusieurs rouleaux de grillage afin d’entourer les jardins pour les protéger des volailles.

Lors de chaque voyage, le point est fait sur l’évolution et des visites sont effectuées dans différents jardins, nous permettant ainsi d’avoir quelques photos.

  • 2008
    • une pénurie de nourriture sévit en début d’année. L’importance des jardins est ressentie. Dès la fin de notre collecte de graines des 5 et 6 avril nous faisons un envoi afin qu’elles soient semées de toute urgence.
    • en septembre, 4500 arbres sortent de la pépinière des écoles.
  • 2009
    • jardins et cultures progressent tranquillement.
      • un groupe nommé « femmes de La Vallée » se constitue. Son but : améliorer les conditions de vie au village par les jardins, le petit élevage et notamment la construction d’un poulailler. Pour les aider nous créons un parrainage action « femmes de La Vallée ».

Heureusement que l’association se rend en Haïti plusieurs fois par an pour faire le point, car le problème de communication est réel. Les services postaux sont quasi-inexistants. Nous commençons seulement à voir quelques téléphones.

12 JANVIER 2010 : SÉISME

Nous travaillons dans l’urgence et apportons principalement des aides financières, puis des conteneurs d’aides alimentaires. Même si nous envoyons des semences le projet « développement rural » passe au second plan, dans un premier temps. Puis, grâce aux différentes aides obtenues, l’association, déjà bien engagée dans le projet des jardins familiaux, a pu mettre sur pied avec ses équipes en place, un projet plus ambitieux appelé « Recapitalisation des petits paysans« , rebaptisé ultérieurement « Développement Rural de La Vallée de Jacmel« .

Le projet « recapitalisation des petits paysans » est encadré par un comité composé des personnes ayant un relationnel et des compétences adaptées aux circonstances. Ce projet a pour but d’aider 500 familles équitablement réparties sur la commune de La Vallée de Jacmel. Il est principalement financé par le Conseil Départemental de la Manche et le Crédit Agricole. L’association sert d’intermédiaire.

  • 2011
    • achats de semences sur Port-au-Prince (choux, aubergines, poivrons, tomates, piments, poireaux, etc…), le tout semé dans 10 pépinières collectives implantées près des points d’eau.
    • achats de pulvérisateurs et d’arrosoirs pour mener à bien les semis.
    • deux techniciens agricoles encadrent les activités.
    • l’élevage fait aussi partie du projet et 40 cabris de race améliorée ont été achetés.
  • 2012
    • des formations sont dispensées aux petits paysans afin d’améliorer leurs pratiques agricoles et d’élevage.
    • les plantules sortant des pépinières collectives sont réparties chez les bénéficiaires du projet. Mais les problèmes de sécheresse causent des difficultés surtout sur Ternier. Les autres zones ont bien récolté.
    • achats de 80 porcs mais la fièvre porcine fait des dégâts.
    • les premiers chevreaux naissent et des redistributions sont effectuées comme prévu dans le projet.
    • une grande quantité d’outillage est achetée et distribuée (serpettes, houes, pioches, machettes) et équipe 525 paysans.

  • le responsable haïtien du comité estime « c’est un modèle de coopération fructueuse ».
  • dans un rapport, ce même responsable nous décrit les effets bénéfiques du projet, multipliant, d’après lui, par 5 ou 6 le revenu des paysans. Il parle même d’une « véritable révolution » dans l’agriculture paysanne.
  • les poulets distribués aux élèves des classes de troisième année ont permis à certaines familles de financer l’écolage.

Un début de renflouement de l’économie familiale voit le jour ainsi qu’une alimentation plus équilibrée des familles.

  • 2013
    • près de 10000 plans de fruitiers et de forestiers sont sortis des pépinières.

Nous avons remarqué que les travaux à la pépinière avaient créé une dynamique de groupe. Le travail se fait dans la joie et la bonne humeur, un relationnel plutôt rare auparavant.

  • 2014
    • le technicien agricole fait venir du nord-est d’Haïti une variété de pois souche beaucoup plus productive.
    • en février, nouvelle distribution de poulets âgés de 4 semaines à 120 élèves et 250 familles.
  • 2015
    • toutes les activités continuent. De nombreux caféiers et citrus sortent de la pépinière.
    • achats de semences.
    • achats de 6 cochons reproducteurs et redistribution de 38 porcelets nés de la précédente distribution.
    • achats de 10 ânes pour alléger la corvée d’eau et permettre d’aller au marché pour vendre les surplus des jardins ou faire des achats.
    • distribution de 520 poulets aux élèves de troisième année des écoles de Ternier et 300 autres poulets à 150 familles.

Nous constatons qu’il va falloir travailler davantage sur la récupération des semences sinon l’autonomie n’est pas envisageable.

  • janvier 2016
    • l’association, dans un souci de simplification, a décidé de regrouper tous les projets (culture vivrière, reboisement, jardins éducatifs et scolaires, aides aux « femmes de La Vallée de Jacmel », « recapitalisation des petits paysans », formation) sous une même entité « développement rural« . Afin de pérenniser ce projet, l’association met en place un parrainage non nominatif « développement rural » (*).
    • nous mettons en place, à l’École Technique de Ridoré, une formation d’initiation

      pépinière préparée par les stagiaires à l’École Léonce Megie

      aux techniques agricoles : 4 jeunes, 2 adultes et une classe de cinquième y participent.

  • février 2016
    • les semences issues des collectes sont distribuées dans les zones appropriées.
    • 820 poulets de 4 semaines sont distribués.
  • avril 2016
    • achats de 6 porcs pour distribution aux familles.
    • une cinquantaine de familles bénéficient de la distribution des 3837 plants de caféiers sortis de la pépinière Boursiquot. Celle-ci restera un peu au repos car trop utilisée.
    • lors de notre voyage nous constatons une nette amélioration dans les cultures et observons un grand nombre d’animaux. D’ailleurs cela est nettement visible sur les marchés où il y a « abondance ».
    • nous rencontrons aussi Emmanuel, le responsable de l’association « Les Éleveurs d’Abeilles du Sud-Est » (l’AEASE). Nous allons voir son rucher. Les apiculteurs travaillent avec très peu de moyens et produisent de façon ancestrale peu de miel mais de grande qualité. Nous constatons qu’il y a chez ces apiculteurs une grande motivation et un gros potentiel de développement. Nous allons réfléchir à ce sujet.
    • plusieurs pépinières collectives fournissent des plants de tomates, choux, aubergines, piments, en priorité pour ceux qui les entretiennent. Ces plants sont ensuite replantés dans leurs propres jardins. Ils se disent très satisfaits des semences qu’ils reçoivent de nos collectes « Les graines de l’espoir ».
  • mai 2016
    • 10 porcelets sont nés d’une truie attribuée à un groupe. Une fois les petits arrivés à bonne taille, ils sont distribués à ceux qui ont participé à leur élevage.
    • nous décidons de ne plus fournir de poulets principalement pour des raisons budgétaires mais nous avons également constaté qu’il y avait beaucoup de perte pendant le transport au domicile des bénéficiaires. Nous avons pu nous rendre compte lors des différents voyages que les basses-cours étaient plus nombreuses et  de qualité et qu’il fallait inciter les gens à prendre des initiatives concernant l’aviculture, échanges-ventes, ce qui commence déjà à se faire dans certaines zones.
  • juillet 2016
    • les jeunes ayant participé à la formation agricole reçoivent une attestation de formation.
    • de nombreux caféiers sont replantés dans les sachets.
  • août 2016
    • les paysans n’ont pas su anticiper sur leurs besoins en semences alors que la période des semis est là. Ils ne récupèrent pas assez de graines en en manquent.
    • problèmes avec la fièvre porcine et il n’y a plus de vaccins.
  • septembre 2016
    • à partir de ce moment, nous communiquons par WhatsApp, ce qui facilite grandement les échanges.
    • versement d’une aide pour l’achat de semences sur place.

4 OCTOBRE 2016 : OURAGAN MATTHEW

  • octobre 2016
    • distribution de graines potagères pour alimenter les semis collectifs.
  • novembre 2016
    • distribution de 2500 caféiers. Nous finançons la relance de la pépinière pour 4 à 5000 plantules : arbres à pain, oranges douces, moringas et caféiers. Cette pépinière crée du lien social et assure le reboisement, source de revenus pour les années à venir.
    • pour la seconde fois une formation agricole est mise en place avec une classe de cinquième de 36 élèves auxquels s’ajoutent 15 « grands jeunes ».
  • décembre 2016

    culture maraîchère à Lamothe

    • de nombreux plants potagers sortent des semis collectifs : choux, tomates, poireaux, aubergines…
    • préparation des enclos pour recevoir les cochons reproducteurs.
  • janvier 2017
    • nous débloquons les fonds pour acheter 50 porcs sur les marchés locaux afin qu’ils soient plus robustes et déjà acclimatés, mais aussi pour faire fonctionner le commerce local.

      distribution de bananiers aux écoles

    • nous finançons également 750 bananiers qui seront distribués aux élèves des classes de troisième année de La Vallée et 200 kg de semences de cacahuètes.
  • février 2017
    • les 5 premiers cochons du programme 2017 sont achetés.
  • mars 2017
    • organisation de réunions pour inciter la population à garder des semences et à récupérer des plants.
    • des graines de collectes sont distribuées.
    • nous ne financerons pas le maïs demandé car nous ne sommes pas sûr de sa provenance.
    • nous accordons une aide aux apiculteurs : nous finançons une ruche à cadre Langstroth (fabriquée par un menuisier local) à chacun des 24 membres de l’AEASE et la location d’un terrain pour y faire une pépinière d’arbres mellifères.
  • avril 2017
    • Emmanuel a reçu l’argent et la fabrication sur place des ruches commence.
    • lors de leur voyage, Céline et Daniel lui font signer une convention et lui remettent 5 enfumoirs, 1 paire de gants, 1 lève-cadre et une tenue emportés dans leurs bagages.
    • Emmanuel nous envoie une photo du contrat de location du terrain pour la pépinière : bail de 4 ans.
    • Tony Bouchette a reçu une aide pour le développement rural, le comité décide de financer des ignames et des bananiers car la saison du haricot est passée.

      distribution d’ignames

    • 28 avril : 450 buttes d’ignames, soit 1350 ignames, ont été distribués à 90 bénéficiaires. Il a aussi été distribué 470 moringas, 100 arbres à pain, 85 cacaoyers, le tout provenant de la pépinière Boursiquot.
  • mai 2017
    • 2300 bananiers ont été achetés puis distribués à 450 bénéficiaires. Un complément de 50 buttes d’ignames a été distribué à 10 autres bénéficiaires.
    • la clôture de la pépinière des apiculteurs est terminée et la terre préparée.
  • juin 2017
    • il y a des truies en gestation et d’autres, attribuées en 2016, ont mis bas. Suite aux conseils que nous avons donnés, nous observons qu’elles bénéficient de meilleures conditions et vivent dans des enclos fermés et propres. Les bénéficiaires y mettent des débris végétaux pour produire du fumier. Nous n’entendons plus parler de maladies.
    • 20 ruches sont déjà construites ainsi que 50% des cadres. Certaines sont déjà en service en utilisant des techniques adaptées au manque de cire gaufrée.
      • à la source Boursiquot il reste 1175 caféiers, 1380 citrus et 213 moringas qui seront distribués en août. Mais mauvaise nouvelle, le propriétaire du terrain de la source ne veut plus le louer.
      • au 22 juin, 28 porcs sur les 50 du programme ont été achetés.
    • juillet 2017
      • 3 truies ont mis bas : 25 porcelets (9+9+7) à Bellande et Lamothe.
  • août 2017
    • les apiculteurs sortent de leur pépinière 300 moringas et 200 papayers.
  • septembre 2017
    • le 25, création d’un nouveau comité pour redynamiser de léveloppement rural.
    • le 28, naissance de 9 porcelets à Jean Rabel.
    • les 15 jeunes sortis de la formation agricole reçoivent chacun une pioche.
  • octobre 2017
    • redistribution de 5 porcelets à Lavial, obtenus avec les premières truies achetées en février dans le cadre du développement rural

trois des cinq heureuses bénéficiaires

 

  • novembre 2017
    • 15 ruches ont été distribuées. Sur les photos ci-contre, on peut voir la « ruche tambour » à gauche, puis à droite la ruche à cadres posée au même endroit.

 

 

  • décembre 2017
    • nous recevons une photo du cahier de suivi des activités apicoles.
    • Emmanuel a pris possession des 2 tenues apicoles apportées par Catherine.
    • son équipe se prépare à la période d’essaimage.
    • ils ont aussi préparé des plates-bandes pour y semer des citrus.
    • un apiculteur débutant utilisant les nouvelles méthodes. Une tenue serait la bienvenue.

 

 

 

 

 

 

En neuf mois, nos apiculteurs ont effectué un travail remarquable : organisation des groupes, fabrication et distribution des corps de ruches, mise en place de la pépinière.

Nous avons beaucoup d’échanges avec Emmanuel tant par WhatsApp que par courriel pour discuter de nouvelles techniques. Ils ont fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation. Nous les sentons très motivés pour faire évoluer leur apiculture ancestrale vers une apiculture « rentable ». De plus ces apiculteurs sont très impliqués dans le reboisement.

Emmanuel espère maintenant pouvoir équiper chaque ruche avec une hausse, ce qui permettrait la récolte du miel, et chaque apiculteur avec une tenue adéquate et un enfumoir.

A noter que la convention signée en avril a été scrupuleusement respectée.

(*) Vous pouvez parrainer le développement rural de La Vallée de Jacmel pour 5€ mensuels (ou plus). Vous trouverez le formulaire en cliquant ici: parrainages et dons développement rural

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